La thérapie de couple : ça passe ou ça casse !

L’autre commence à m’agacer, dès qu’il parle ou fait un geste. Mes inconforts sont plus nombreux que mes conforts et mes paroles dépassent mes pensées, sont agressives, la lassitude s’installe, sournoise : une sonnette d’alarme s’est enclenchée, mon tableau de bord clignote. Je ne suis plus heureux avec cette personne, mais je me sens prisonnier de cette association déséquilibrée. La lutte de pouvoir et de territoire s’installe : combats de frustrations et de peurs cachées. Le couple bat de l’aile, il va s’écraser.

Les émotions à fleur de peau, le Desperado cherche des ressources, alors que le Trou noir affectif, coupé des siennes, s’enfonce dans ses ténèbres, consolide les murs de sa tour d’ivoire. Ils perdent le contact, ne communiquent qu’avec violence, déchirement ou ironie. Les deux souffrent, à leur manière, terrifiés par ce qu’ils pressentent : la séparation. L’adulte sait qu’il faut se quitter, mais l’enfant est terrifié. Alors alternent les moments de rapprochements compulsifs et désespérés : deux naufragés qui s’agrippent l’un à l’autre, puis se repoussent brutalement, dominés par leurs inconforts. On essaie désespérément de faire entrer la pièce du puzzle où elle ne rentre plus, où elle n’a jamais pu entrer. Mais vous avez forcé à coup de sacrifices, compromis et autres concessions : l’usure a rendu les bords tranchants et vous vous coupez réciproquement.

Vous n’avez, ni l’un ni l’autre, accepté la lente agonie du couple, alors vous allez essayer, souvent l’un plus que l’autre, de le réanimer. Le spécialiste du bouche à bouche, c’est le coach ou autre thérapeute. Lui, il sait comment sauver un ménage en détresse, il va vous aider. Vous aider à quoi ? A arrondir les angles ? A trouver un modus vivendi le moins souffrant possible ? Il ne fait pas de miracle. Tant va la cruche à l’eau qu’elle se brise et si la vôtre est brisée, rien ni personne ne pourra la recoller. L’un des deux me téléphone et fonde tous ses espoirs sur moi : « Dites-moi que vous allez sauver notre couple », comme il dirait « dites-moi que vous allez sauver notre enfant ». Je lui réponds : « Ca passe ou ça casse. Etes-vous prêts à décider de vous séparer ? ». Certains renoncent, d’autres foncent.

L’issue ? Je ne sais pas et je ne veux pas savoir : je propose à chacun de reconquérir son autonomie affective par un coaching individuel et, leur liberté retrouvée, chacun de son côté, c’est à eux de savoir ce qu’ils veulent en faire. S’aimaient-ils ou étaient-ils liés par un attachement névrotique ? Je n’en ai aucune idée et je ne suis pas là pour faire un pronostic : je suis là pour aider l’un et l’autre à se rencontrer lui-même, afin d’être capable de se choisir et choisir l’autre à nouveau ou mettre un terme à une relation fondée sur les lianes de Tarzan. Dans le premier cas, ils se reprennent et pour les bonnes raisons. Dans le deuxième, j’aide à la séparation et je fais un coaching de rupture, en douceur, de celles qui font grandir, au lieu d’anéantir.

Je vous vois venir : vous voulez savoir le pourcentage d’éclatements de couples ou de belles retrouvailles… Chaque cas est particulier, j’en ai vu apprendre à s’aimer, car ils s’y prenaient de travers, et d’autres se séparer. Quand la dépendance brouille les cartes de l’amour, il suffit de les démêler. Les deux apprennent à être plus autonomes l’un de l’autre, donnant ainsi de l’oxygène à un couple qui s’asphyxiait. Et le bonheur reprend ses droits, s’épanouie, les voilà amoureux pour la deuxième fois, mais en adultes, plus en enfants épouvantés.

Je n’ai jamais dit ou écrit qu’il faut être affectivement équilibré : des couples en dépendance, entre 1 et 3 sur l’échelle, peuvent être heureux, s’appuyant tendrement l’un sur l’autre, parfois inséparables, même pour faire l’épicerie. Ou bien l’un décide tout le temps, ce qui arrange l’autre. Parfait, c’est leur équilibre dans un petit déséquilibre et chacun s’y retrouve. En revanche, quand la souffrance s’installe, quand, dans les cas extrêmes, le plus lourd s’appuie sur le plus faible jusqu’à l’écraser, par pitié, ALLUMEZ ! La moindre souffrance doit être « autopsiée » : il faut vérifier si elle relève d’une incompréhension ponctuelle ou chronique. Car elle va s’amplifier, jour après jour, pour vous obliger à prendre LA décision : celle de vous respecter. Souvenez-vous que vous répondez à de mauvaises programmations, dont vous n’êtes pas responsable et il vous faut une ressource extérieure, pour modifier et bonifier votre perception de vous-même et de la relation.

Vous êtes un accidenté de la route du cœur et vos deux jambes sont brisées. Trouvez le meilleur entraîneur pour vous aider à muscler votre confiance et votre estime et vous pourrez, enfin, courir vers le Bonheur. Et qui sait, peu de temps après, quelqu’un pourrait bien courir à vos côtés !